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31 mai 2006

Recrutement des EVS : un dispositif lourd de conséquences.

Alors que les puissantes mobilisations des jeunes et des salariés, soutenues par l’opinion publique contre le CPE ont manifesté le refus de la précarité, et contraint le gouvernement à retirer son projet, le Ministre de l’Éducation Nationale ose annoncer, pour répondre aux besoins des école (notamment allègement des tâches administratives), le recrutement de 50 000 EVS pour la rentrée 2006.

La circulaire interministérielle (Ministère de l’Éducation Nationale et Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale) du 3 avril 2006 prévoit que « Les directeurs d’école se verront proposés par l’ANPE, d’ici la fin de l’année scolaire 2005-2006, des listes de candidats qu’ils pourront recevoir ».

De nombreux collègues s’interrogent. La décision repose essentiellement sur la responsabilité des collègues et des directeurs. L’égalité de traitement entre les candidats doit être garantie par la transparence la plus complète. Les procédures retenues doivent écarter tout risque d’arbitraire ou d’injustice. L’organisation du recrutement ne peut être déconcentrée à un niveau inférieur à celui du département. Cela peut conduire à conférer des pouvoirs démesurés de gestion des personnels au niveau de l’école.

Nous proposons donc, dans l’intérêt des EVS, que le recrutement soit réalisé par une ou des commissions départementales placées sous la responsabilité de l’inspecteur d’Académie. Cette responsabilité ne peut être transférée au niveau d’une école.

Des critères communs et transparents doivent être établis au préalables et connus de tous. Les instances paritaires doivent être informées et consultées au préalable.

Nous appelons nos collègues à ne pas participer à la sélection des EVS dans les écoles.

- Emplois de Vie Scolaire : quelle durée de contrat ? quelle formation ? Quelles missions ?

La deuxième vague de recrutement, décidée dans le cadre de l’application du protocole sur la direction d’école, ne concernera que des contrats d’avenir (CAV), destinés à « faciliter l’insertion sociale et professionnelle » des personnes bénéficiaires du revenu minimum d’insertion, de l’allocation de parent isolé ou de l’allocation de solidarité spécifique qui rencontrent des difficultés particulières d’accès à l’emploi.

Nous dénonçons le principe d’un dispositif qui instaure la précarité dans les écoles.

A propos des contrats et de la formation

Il est notable que le Ministère ne respecte pas les termes de la loi en ce qui concerne la durée des contrats. En effet, les contrats d’avenir sont des contrats à durée déterminée. La durée initiale du contrat est de 2 ans et peut être renouvelée dans la limite de 12 mois. Par mesure dérogatoire, le Ministère a décidé de limiter ces contrats à une durée de 10 mois.

Le contrat d’avenir prévoit également des actions de formation fixées dans le cadre de la convention signée entre les parties (salarié, employeur, Président du Conseil Général ou Maire, représentant de l’État).

Pourtant, à l’heure actuelle, il n’est fait mention nulle part de cet aspect du contrat. Aucun moyen pour la formation de ces personnels n’accompagne le dispositif :

- rien pour la formation à l’emploi, cette dernière va reposer entièrement sur les épaules des directrices et directeurs d’école tout comme sur celles des membres de l’équipe enseignante ;

- rien pour une éventuelle formation personnelle qui permettrait d’accompagner la sortie du dispositif et de la précarité (comme cela a existé pour les aides-éducateurs, comme cela existe toujours pour les assistants d’éducation).

A propos des missions

En ce qui concerne les missions prises en charge par les EVS, la vigilance des collègues dans les écoles est de mise quant au respect des termes précisés dans les contrats. Déjà, des dérives sont recensées comme le remplacement de maîtres absents.

Comme pour les aides-éducateurs en leur temps, il ne doit pas y avoir de substitution avec les tâches et les missions des enseignants.

Réservés à l’assistance administrative aux directeurs d’école et à l’aide au fonctionnement de l’école, les fonctions des EVS recrutés en ce moment sont déclinées dans une fiche « profil » élaborée par le Ministère comme suit :

Elles se répartissent entre les quatre domaines suivants, selon les besoins :

1/ logistique

- participer aux tâches matérielles et aider à la gestion des moyens matériels sous l’autorité du directeur d’école, comme par exemple :

- aider au recensement et à la gestion du matériel pédagogique, des éléments du mobilier de l’école, des fournitures scolaires.

2/ administratif

- contribuer aux travaux de secrétariat (courrier, enquêtes, téléphone, tenue des effectifs, saisie ou mise à jour de la base « élèves »...) ;

- aider à la constitution de dossiers administratifs à destination des élèves et de leurs familles (par exemple, certificats de scolarité, de radiation, formulaires divers, listes électorales).

3/ Fonctionnement

- participer au fonctionnement de l’école dans ses aspects de gestion et d’administration, comme par exemple :

- mettre en forme des documents destinés à l’affichage, aux enseignants ou aux élèves ;

- aider à la gestion de la bibliothèque d’école (recenser, classer, ranger, remettre en état) ;

- aider au déroulement des exercices de sécurité (évacuer, mettre en sûreté).

4/ Accompagnement

- accompagner, sous l’autorité du directeur ou du maître de la classe, des groupes d’élèves lors de déplacements vers des manifestations culturelles ou sportives.

Le Ministère reconnaît ainsi la nécessité d’une aide au travail administratif et au fonctionnement de l’école. Sa réponse sous forme de contrats précaires est mauvaise du double point de vue des écoles et des personnes concernées : un leurre pour la plupart, une opération électorale.

Au sein des équipes enseignantes, nos collègues vont « apprécier » de passer du temps à former ces personnels, à les accompagner, à les encadrer, ... pour les voir disparaître le 30 juin au bout d’une année avec au mieux la perspective de pouvoir effectuer une nouvelle embauche pour le premier septembre, au pire celle de ne plus compter sur personne, rien ne garantissant à l’heure actuelle que le dispositif sera renouvelé pour l’année scolaire suivante.

Nous ne pouvons que rappeler notre revendication d’emplois statutaires et durables pour les écoles.

 

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