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4 décembre 2013

Livret de suivi de l’élève présentant des Troubles des Apprentissages : la copie est à revoir !

Le SNUipp-FSU 06 propose une analyse critique du livret de suivi de l’élève présentant des troubles des apprentissages. Absence de concertation, travail dans l’urgence, empilement de la paperasse, stigmatisation précoce, médicalisation de la difficulté scolaire, mise à l’écart du conseil de cycle : cet outil pose problème en l’état. Le SNUipp-FSU 06 invite les collègues à ne pas le mettre en oeuvre et demande une remise à plat de ce dispositif.

Un livret de suivi de l’élève présentant des Troubles des Apprentissages (LSTA), diffusé par l’IEN ASH, a été récemment transmis aux écoles via les IEN de circonscription. Pour le SNUipp-FSU la conception, la diffusion et la mise en œuvre de ce nouvel outil posent problème.

Certains objectifs de ce livret départemental sont louables : proposer une aide mieux adaptée aux élèves « DYS », mieux coordonner les interventions conjuguées des enseignants et des soignants, éviter les ruptures dans le parcours scolaire de l’élève, etc. Le livret propose également des pistes de travail intéressantes : assurer une transmission d’informations partagées des soignants vers les enseignants (qui aujourd’hui ont trop souvent l’impression de donner sans recevoir), proposer des aménagements pédagogiques relativement concrets et opérationnels qui peuvent aider les collègues dans leur pratique de classe quotidienne…

Soumis à une analyse critique, cet outil est cependant très problématique :

Il a d’abord été conçu sans concertation des enseignants, n’a fait l’objet d’aucune annonce en instance paritaire et est encore une fois diffusé dans l’urgence en sollicitant de la part des collègues de GS un travail supplémentaire dans une fin de premier trimestre toujours chargée… Une phase de remontée des besoins et attentes des collègues nous paraît souhaitable…

Ce nouveau livret participe d’un effet d’empilement parmi les outils déjà en œuvre dans les écoles : PPRE, PAI, PPS, livret d’évaluation, etc. qui permettent déjà de signaler les difficultés et de programmer les actions pédagogiques et les prises en charge en réponse à des troubles du langage constatés. Tout comme pour feu le LPC, ce nouvel livret est redondant, sa relation avec les autres outils n’est pas explicitée : il confronte les collègues à une accumulation de paperasses qui prend parfois des dimensions kafkaïennes.

Laissons grandir nos élèves...La précocité du diagnostic - n ’a-ton pas dit : « pas de dys avent le CE2 » ?!...- induit des risques de « stigmatisation » des élèves en début de scolarité. La démarcation pas toujours très nette entre difficultés et troubles peut favoriser la tendance à une médicalisation généralisée de la difficulté scolaire et à une subordination de l’acte pédagogique à la prise en charge médicale et orthophonique.

Les procédures recommandées sont problématiques du point de vue de l’aménagement des apprentissages au sein des cycles. De manière générale, le conseil de cycle est complètement écarté du processus d’élaboration, de bilan et d’actualisation du livret. En l’état, il est inacceptable de dessaisir l’équipe pédagogique de problématiques qui relèvent fondamentalement du fonctionnement collectif. Les collègues sont à la fois trop exposé-e-s individuellement voire contourné-e-s quand il est recommandé que les familles se mettent directement en relation avec la circonscription en fin de premier trimestre de l’année n+1 si ceux-ci sont confrontés à des difficultés…

De même, le cadre général repose sur une temporalité très courte avant que ne soit proposée une orientation par les soignants (CERTA, RQTH) ; or, dans la plupart des cas, du temps est nécessaire pour que les aides proposées produisent leurs effets.

De manière générale, la médicalisation de la difficulté scolaire et l’externalisation de sa prise en charge évacue trop facilement des leviers que le SNUipp-FSU estime indispensable à la réussite de tous les élèves : lutter contre les déterminismes sociaux, améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement (effectifs dans les classes, interventions d’un RASED reconstitué, généralisation du « plus de maîtres que de classes », plus de temps pour le travail en équipe, etc.) et proposer aux enseignants une formation continue leur permettant vraiment l’appropriation et la construction de réponses pédagogiques adaptées aux différentes formes de la difficulté scolaire.

Pour le SNUipp-FSU 06, la mise en œuvre généralisée de ce livret ne peut s’envisager en l’état. Lors d’une rencontre avec l’IEN ASH programmée à la mi-janvier, les élus SNUipp-FSU 06 demanderont une remise à plat de cet outil, conjointement à leurs interventions sur GEVA-SCO 1ère demande. Nous inscrirons également cette discussion dans le cadre paritaire lors de la prochaine CAPD.

Le SNUipp-FSU 06 invite les collègues à poursuivre l’analyse critique de cet outil et à en faire l’usage qu’ils souhaitent, loin de toute injonction et caporalisme. Le SNUipp-FSU 06 soutiendra et interviendra en défense de tous les collègues confrontés à des pressions hiérarchiques.

 

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