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28 novembre 2010

Assemblée Générale des Directeurs/trices :Compte rendu in extenso

L’Assemblée Générale des directeurs/trices organisée par le SNUipp06 et à laquelle la CGT Educ’Action était associée a regroupé une quarantaine de collègues qui ont partagé leur analyse d’une situation professionnelle en constante dégradation et échangé sur les nécessaires actions à mener pour renverser la tendance.

Gilles Jean, secrétaire départemental, a rappelé le contexte de cette AG : la perspective de négociations proposées par le Ministère de l’Education Nationale (MEN) sur la base du rapport Reiss qui suggère une réforme de la structure de l’école et la création de chefs d’établissement dans le 1er degré (cf. analyse complète en annexe, ci-dessous).

Les missions des directeurs/trices ont considérablement évolué ces dernières années. Cette évolution se caractérise principalement par un effet d’empilement des tâches et l’installation d’un contexte de travail dans l’urgence où l’administration s’est saisie de l’outil Internet pour diligenter ses injonctions, de plus en plus pressantes. Il en résulte un profond malaise, partagé par l’ensemble des directeurs/trices. La question de la direction et du fonctionnement de l’école est donc aujourd’hui un dossier prioritaire pour le SNUipp qui entend s’appuyer sur les collègues afin d’amplifier leurs revendications et les faire aboutir.

Dans un passé récent, les actions portées par le SNUipp, parfois en association avec d’autres organisations syndicales ont permis des avancées réelles. A partir de 1999, les 7 années de grève administrative (blocage du relevé des effectifs qui a durablement perturbé le fonctionnement statistique du MEN) ont porté leurs fruits. Ce mouvement a permis l’extension des décharges aux écoles de 5 et 6 classes en 2001 (puis plus tard à celles de 4 classes) et la revalorisation, en plusieurs étapes (2001 et 2005/2006), de l’indemnité de charge administrative. Après consultation de la profession, le SNUipp ne ratifie pas le protocole de 2006, instaurant l’aide administrative sous contrat précaire (EVS). Depuis, le MEN a fermé la porte à toutes les demandes pressantes de négociations. Pour autant, le SNUipp a poursuivi son action aux côtés des directeurs/trices : rassemblements devant l’IA, conférences de presse,assises nationales en 2007, dénonciation des EPEP, enquêtes départementale et nationale en 2010, diffusion de suppléments spéciaux à Fenêtres Sur Cours (mai et octobre 2010), lancement de la campagne « Halte à la surcharge ».

Le statu quo n’est plus possible : des discussions sont nécessaires avec le MEN, non pas sur la base du rapport Reiss mais sur celle de nos mandats syndicaux et des problématiques du terrain. L’essentiel des mandats nationaux du SNUipp est rappelé :

- Temps supplémentaire de décharge, quelle que soit la taille de l’école
- Revalorisation financière significative - Aide pérenne à la direction et au fonctionnement de l’école par la création d’emplois statutaires
- Remise à plat des missions et des responsabilités & création d’un outil clair d’aide à la direction d’école regroupant les références des textes en vigueur
- Formation spécifique et reconnue dont le contenu intègre la préparation au travail en équipe centrée sur le projet et la réussite de tous les élèves avec la place et le rôle du directeur et du conseil des maîtres

Les récentes initiatives du SNUipp06 et les avancées qu’elles ont permises ont été également rappelées. Ainsi la présentation des résultats de l’enquête départementale (complétée par une centaine de collègues) à l’IA en mars 2010 a permis la reconnaissance par celui-ci du caractère prioritaire de ce dossier et le gain d’une dispense de fait d’aide personnalisée pour tous les directeurs/trices, quelle que soit leur décharge.

A la suite de l’annonce des suppressions de 2/3 des aides administratives (EVS), le SNUipp a appelé à un rassemblement devant l’IA et une délégation de directeurs/trices et d’EVS a été reçue. La pétition initiée dans le département a recueilli 1 300 signatures ; elle est actuellement prolongée par une pétition nationale unitaire que la section SNUipp du 06 avait appelée de ses vœux lors du Conseil National de septembre 2010. Un travail est toujours en cours avec les services académiques pour faire valoir les droits à EVS des écoles qui remplissent les critères énoncés par l’IA et qui ont subi des dérogations imposées par certains IEN, au mépris de l’équité départementale.

Afin de maintenir la pression sur l’administration (IEN et IA), mais aussi pourquoi pas sur les partenaires institutionnels de l’école (municipalités, syndicats inter-communaux, etc.), il est proposé aux collègues de s’emparer massivement des visuels (affiche et bandeau électronique « je réponds quand j’ai le temps ») mis à disposition dans le cadre de la campagne « halte à la surcharge ».

Les riches débats engagés avec la salle ont permis de pointer quelques principes et pistes d’action : Les collègues présents ont indiqué que les luttes à mener pour avancer sur la question de la direction d’école ne pourront réussir que dans le cadre de revendications portées par une profession unie qui ne soit pas divisée par des replis catégoriels voire corporatistes. Le succès de la lutte ne peut être obtenu que dans l’action collective, organisée, soutenue par des organisations représentatives de la profession. Le cadre syndical unitaire est évidemment souhaitable mais il suppose des mandats partagés (en particulier, le rejet sans condition d’un statut hiérarchique qui transformerait les directeurs d’école en chefs d’établissement). Même les actions qui ne donnent pas immédiatement satisfaction sont utiles car elles permettent de diffuser des informations alternatives à la propagande officielle à l’attention des collègues et des partenaires (des parents d’élèves, en particulier). Il est inconcevable d’accepter une « collégiarisation » des écoles, tant le fonctionnement actuel du collège ne peut servir de modèle à suivre en termes de réussite des élèves. De même, il convient d’être vigilant concernant d’éventuelles tentations de mettre l’école primaire sous la tutelle du second degré. Accorder aux directeurs un statut équivalent à celui de principal de collège ne résout en rien la problématique de la protection juridique des personnels, si l’on en croit le nombre de principaux actuellement concernés par des procès liés à l’exercice de leur métier alors qu’aucun directeur n’est aujourd’hui inquiété par la justice pour faute professionnelle.

Concernant les actions à mener, deux temps sont proposés :

1) A court terme : Rassemblement à l’appel du SNUipp et de la CGT devant l’Inspection Académique le 15 décembre à 14 h 30 : une délégation sera reçue en audience par l’Inspecteur d’Académie. Il s’agit d’obtenir de l’IA qu’il fasse remonter au MEN l’impossibilité d’exercer efficacement les missions de direction d’école dans un contexte d’insupportable surcharge administrative. Nous lui demanderons également de proposer une formation initiale et continue conforme aux attentes des collègues, d’envisager des aménagements spécifiques pour dégager du temps de décharge et de mettre enfin en place un groupe de travail, avec les représentants du personnel, pour avancer entre autres sur la production d’un document académique définissant clairement les tâches et responsabilités des directeurs/trices.

2) A moyen et long terme :

- réactivation de la commission départementale (objectifs : opérationnaliser les mandats nationaux et s’emparer de la redéfinition des missions, en liaison avec la commission nationale du SNUipp et en préparation du Comité Technique National sur la direction d’école programmé dans le courant de l’année) ;
- programmation d’un stage syndical « états généraux de la direction d’école », en fin d’année scolaire avec deux axes de travail : formation à l’animation du groupe et à la gestion de conflits & échanges avec des principaux de collège à propos de l’interaction entre statut de chef d’établissement et surcharge administrative. Afin d’animer la commission départementale, un appel à candidatures sera prochainement lancé auprès des collègues syndiqués. Un principe fort doit animer le fonctionnement de cette commission : l’ouverture du débat sans tabou (y compris sur la question du statut) dans le cadre des mandats du SNUipp.
- Enquête « l’argent de l’école » : la récolte de données fiables et complètes sur le financement des écoles et les situations inégalitaires vécues dans le département constituera un fort levier d’action ; muni de cet outil, le SNUipp 06 pourra alors interpeller les municipalités qui sous-investiraient dans l’éducation et engager toutes les démarches nécessaires pour la mise en œuvre d’une péréquation garantie par l’Etat permettant aux communes aux moyens plus modestes de mieux soutenir leurs écoles.

Gilles JEAN, Annabel GESREL, Franck BROCK

 

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