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31 mars 2008

Programmes : à moitié consultés, complètement bâclés

La consultation organisée dans la précipitation et la confusion permettra t-elle de prendre en compte l’avis des enseignants ? Les organisations syndicales, les mouvements pédagogiques et les chercheurs appellent le ministre à revoir sa copie.

L’APPEL : «  Projet de programme de l’école primaire : copie à revoir » est signable avec le lien suivant

Une demi-journée pour consulter et puis s’en va… Telle est la méthode retenue par le ministre pour valider son projet des nouveaux programmes soumis à discussion des enseignants des écoles durant ce mois de mars. Mais le ministre qui ne s’est donné ni les moyens, ni le temps d’une consultation efficace prendra-t-il en compte l’avis des enseignants ?

C’est en ces termes que le SNUipp s’est adressé au ministre jugeant « incompréhensible » sa décision de ne rendre publiques les « précisions sur les répartitions horaires » des programmes de l’enseignement primaire, qu’à l’issue de la consultation des personnels. « Comment les enseignants peuvent-ils porter une appréciation sur un programme d’arts ou d’histoire si le volume horaire hebdomadaire attribué peut varier du simple au double ? » s’insurge le syndicat. En plus, le calendrier imposé par la rue de Grenelle est extrêmement resserré. Les synthèses départementales doivent remonter au ministère le 4 avril alors que des enseignants se sont encore réunis le 28 mars dernier . Le 18 mars, une note ministérielle est venue ajouter de la confusion à la précipitation. L’organisation de la demi-journée banalisée de consultation devait « se dérouler impérativement les samedis ou mercredis matin » alors que tous les départements l’avaient programmée en faisant vaquer les élèves. Panique dans certaines inspections qui ont décidé de changer la date de consultation au dernier moment entraînant le refus d’un certain nombre d’écoles qui avaient déjà pris leurs dispositions (information aux parents, cantine, transport) comme dans le Rhône ou le Morbihan.

Tout doit se faire vite donc. Le ministre revendique ce changement de méthode « pour sortir de ces longues élaborations de documents et aller à l’essentiel » plaide t-il. Pour lui, l’essentiel ne semble pas compatible avec le temps éducatif, ni l’avis des enseignants. Le ministre préfère s’appuyer sur un sondage pour afficher que l’opinion publique soutient sa réforme. Sur le site du ministère, un enquête en ligne d’Opinionway que chacun peut renseigner autant de fois qu’il le veut sert de faire valoir. Une véritable opération de communication. Les questions telles que « le recentrage des apprentissages sur les savoirs essentiels (lire, écrire, compter) va t-il plutôt dans le bon sens ? » enfoncent des portes ouvertes. Qui pourrait s’inscrire en faux face à une telle évidence ?

Les critiques et les réserves au sujet de ces nouveaux contenus d’enseignement n’ont pourtant pas manqué ces dernières semaines. Deux anciens ministres de l’Education ont même réagi publiquement dans une tribune (voir ci-contre). Même le HCE (Haut conseil de l’éducation), conscient de ce front de critiques très larges a décidé de retarder son avis sur les nouveaux textes. De leur côté, 19 organisations syndicales (dont le SNUipp) et mouvements pédagogiques ont condamné fermement le projet ministériel. Elles ont même d’ailleurs mis à disposition des enseignants des écoles un argumentaire unitaire. Aujourd’hui, elles lancent un appel au ministre pour que celui ci « suspende son projet ».Les enseignants savent que la réussite de tous les élèves nécessite des réponses complexes. En affichant le simplisme dans ces programmes, le ministère élude la professionnalité du métier d’enseignant. Et rend caduque la nécessité de réclamer des moyens pour travailler autrement, en équipe, avec plus de maîtres que de classes, avec des aides spécialisées pour mieux comprendre les difficultés des élèves. Joli tour !

Dans les Alpes- Maritimes :

Inutile de dire que la tonalité est sévère. Continuez à nous envoyer vos synthèses. Les IEN n’auront pas trop de mal à dépouiller la consultation puisque pour l’essentiel les écoles ont renvoyé l’argumentaire fourni par le SNUipp. Plusieurs écoles ont reçu ce vendredi des spécimens de chez Bordas (Maths CP et Maths CE1) "sur la base des programmes soumis à consultation" avec les additions et soustractions en colonne dès le CP ...

L’arrivée de ces spécimens a été du meilleur effet chez les collègues la veille de la consultation.

Bordas n’a même pas honte d’envoyer ses spécimens avant la fin de la "concertation" !!!!!

Quelques remontées d’écoles :

Bonjour à tous,

J’ai été sensible à l’analyse rapide et percutante qui a été faîte autour de la" consultation" des "projets" des nouveaux programmes. Je voulais vous en remercier et participer aussi différemment :

En réaction et en vers je vous livre mon travail d’écriture , réalisé lors du " Printemps des mots" ( manifestation mixant " le printemps des poètes" et la semaine de la francophonie.)

Le but était de faire l’éloge de l’autre, et d’employer les 10 mots donnés lors de la semaine francophone.

C’est un plaidoyer pour école, mais pas n’importe quelle école....

Ecole

(Plaidoyer pour…)

Depuis longtemps mon idole

C’est de toi dont je veux faire éloge

Toi qui ne vise pas, seul, à remplir nos auges

Mais qui de la découverte fait notre boussole

S’activer

La connaissance décortiquer

S’attabler

Le savoir apprivoiser

De nos élèves observer le visage

De leur travail écouter les palabres

Les recentrer avec tact…Penser à leur âge

Les yeux brillants de leurs trouvailles : candélabres

Jeter les mots comme des passerelles

En faire des armes, arguments qui raisonnent

Plus profonds encore que les rhizomes

Qui nous transportent et ouvrent nos ailes

Voilà, que le savoir

Soit jubilatoire

Que l’école soit celle de la vie…

Où l’on dit, où l’on lit et où l’on rit !


Le Conseil des Maîtres

- pense que la consultation est sans grand intérêt dans la mesure où les programmes semblent déjà arrêtés : en effet les publications des éditeurs sont déjà parues conformes aux programmes 2008.

- estime qu’il est anormal que l’édition et la duplication des programmes revienne aux écoles : travail supplémentaire pour les enseignants et frais supplémentaires pour les communes.


Etant donné que les livres sont déjà édités, dans quelles mesures nos remontées vont-elles être prises en compte ?

Nous avons joué nos rôles de bons élèves ( ?) et nous rendons nos copies, mais nous ne sommes pas dupes !!!

Ensemble des programmes :

Programmes trop rigides et pointilleux, portés essentiellement sur la mécanique et l’entraînement, sur l’application de techniques à apprendre, sans s’être assuré de l’acquisition des représentations préalables. Voudrait-on des enfants sans esprit critique, prêts à accepter passivement les bases du néolibéralisme ? Ce programme digne des plus grands régimes totalitaires nie l’esprit d’initiative et annihile tout esprit critique.

Il n’y a pas le souci de travailler sur une méthodologie permettant à l’enfant d’établir des liens, des transferts et de réinvestir des processus d’apprentissage entre les différents domaines. (ex : techniques opératoires, grammaire et conjugaison au CP…)

Dans l’ensemble, les objectifs nous semblent irréalistes (quasiment les objectifs de 5ème pour le CM2). Aurait-on l’idée de demander ce même niveau d’exigence à l’environnement familial et sociétal de l’enfant (télévision, Play Station, SMS, MSN…) ?

Il est également difficile de juger de la pertinence de ces programmes compte tenu qu’aucun horaire précis n’a été spécifié.

Points forts

Néant dans la nouveauté

Je vous promets, on a essayé mais on n’en a pas trouvé.

Points à améliorer :

On passe d’une situation où l’observation, la réflexion et le sens de la tâche tenaient une place peut-être trop importante à une situation où ils deviennent inexistants et laissent place à des activités d’entraînement strict. N’existe-t-il pas un juste milieu ?

Des programmes beaucoup trop lourds en français et mathématiques. Sommes-nous face à un délire institutionnel mis en place par des gens qui n’ont jamais vu une classe de leur vie ?

Remarques :

Où sont passés les mots « projets, interdisciplinarité, transversalité, ouverture, place de l’erreur ».

On ne trouve que « répéter, entraînement, sans erreur, systématiquement, sens de l’effort… »

La loi d’orientation de 1989 est balayée. L’élève n’est plus au centre de l’apprentissage. Il devient une machine à exécuter.

De plus, les enfants de 2008, ne sont plus les mêmes que ceux de 1930. Ils ne vivent pas dans le même monde. Il ne faut pas l’oublier. Où sont les TICE , l’adaptation à un monde futur ?


Monsieur l’Inspecteur,

Après étude des nouveaux programmes, le conseil des maîtres de l’école primaire réuni ce jour :

- a décidé à l’unanimité de ne pas remplir le questionnaire officiel,

+ exprime sa totale désapprobation à la fois de la forme de la consultation proposée et du contenu des nouveaux programmes, orientés par une idéologie passéiste et démagogique, sans prise en compte des connaissances produites par la recherche en pédagogie et en didactique,

- regrette que ces nouveaux textes associés à la suppression des heures « du samedi matin » ne dotent pas l’école des moyens nécessaires à la réussite et à l’épanouissement de tous les élèves, en particulier ceux issus des milieux socio-culturels défavorisés auprès desquels nous exerçons notre mission d’enseignement au quotidien.

Pièce jointes :

- « appel des 19 »

- lettre/pétition adressée à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale


« Nous en appelons donc à la ... il faut cesser de bouleverser sans cesse élèves, parents et professeurs à chaque changement de gouvernement !

Il faut au contraire PRESERVER CE QUI A ETE FAIT DE BON PAR LE PASSE ...

Les professeurs ont plus qu’assez de ces changements aussi incessants qu’inutiles.

S’il y a des points à modifier, qu’on les modifie en conservant l’essentiel, mais QU’ON NE SACRIFIE PAS L’INTERET DES ENFANTS et des professeurs ... »

Luc Ferry et Jack Lang


I.Problèmes soulevés dans l’organisation de l’école maternelle.

La mission de la maternelle se trouve, à travers ces nouveaux programmes, transformée. En effet, son objectif principal se retrouve réduit à préparer aux apprentissages fondamentaux. La notion de progression annuelle est extrêmement restrictive et utilitariste. La notion de « vivre ensemble » est abandonnée au profit d’un « devenir élève » qui soulève de nombreuses questions. De la sociabilisation à la socialisation, grand enjeu de la maternelle, on ne retrouve qu’une normalisation comportementale. Par ailleurs, ces normes impliquent une terminologie étrangère à l’école et à la république, la notion de morale dépend pleinement de critères culturels et religieux et non pas laïcs. La morale se substitue aux fondements de la vie en société.

L’accueil de l’enfant en tant que tel est abandonné, c’est à l’enfant de s’intégrer dans le modèle scolaire. Ses spécificités sont donc ignorées. L’individu se substitue à l’ensemble.

Nous sommes, fondamentalement, favorables à l’idée consultation. Mais, dans ses modalités, elle soulève scepticisme et inquiétudes, du fait de la très courte durée entre la consultation et la publication du document de synthèse. Elle ne peut finalement pas aboutir à une réelle représentation de l’avis des pédagogues de terrain.


Nous avons des remarques : Définition du mot CONSULTATION : action de consulter quelqu’un, de prendre son avis, prendre conseil auprès de quelqu’un. (Larousse du collège)

Dès l’école maternelle, l’enseignant doit veiller « à offrir constamment à ses jeunes élèves un langage oral dont toute approximation est bannie », il doit utiliser un vocabulaire précis… (B.O. n° 0 du 20 février 2008, p.4)

Que dire alors de l’emploi que fait notre Ministre du mot « consultation » ? N’y a-t-il pas là une large approximation lorsqu’il nous demande notre avis de professionnels sur des nouveaux programmes pour lesquels les éditeurs ont déjà sorti les manuels ?

Que dire d’un système où la communication de nouvelles mesures à mettre en œuvre dès la rentrée prochaine nous parvient, à nous les premiers concernés, par le biais des médias ?

Prenons pour exemple la répartition horaire de ces nouveaux programmes : aucune mention dans le Bulletin Officiel « soumis à consultation » mais des annonces dans le discours télévisé du Ministre. Faudra-t-il regarder la télévision régulièrement pour nous tenir informés de nos Instructions Officielles ? L’ensemble de l’équipe pédagogique

 

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